FICHE DE COURS
Les additifs sont indispensables pour exploiter pleinement les qualités de la peinture extra-fine à
base d’huile. Il existe 4 catégories d’additifs : Les diluants, les siccatifs, les médiums et les vernis.
Les diluants sont le plus souvent des essences et des huiles. Ils permettent de fluidifier la peinture.
On utilise les essences aux premiers stades de la réalisation, notamment lorsque l’on travaille en
«gras sur maigre» afin de garantir un « séchage » de qualité.Les médiums permettent la cohésion de l’oeuvre, exaltent tel ou tel aspect,facilitent l’empâtement, le travail dans le frais ou modifient la brillance. Comme leurs noms l’indiquent, les siccatifsaccélèrent le « séchage » (plus précisément, la peinture à l’huile ne sèche pas, elle durcit). Les vernis modifient l’aspect final du tableau et permettent avant tout la conservation de l’œuvre.
La peinture à l’huile ne sèche pas, à proprement parler mais durcit à l’air , elle s'oxyde: l’oxygène contenu dans l’air ambiant pénètre très lentement à travers les différentes couches de peinture et entraîne progressivement la solidification de la peinture.
Ce processus extrêmement long nécessite de laisser la toile « reposer » durant de longs mois avant le vernissage final ( minimum 6 mois à 1 an, certaines toiles demander plusieurs années avant le durcissement complet des couches picturales en raison de l’épaisseur de peinture et des additifs utilisés. Si le vernis est appliqué trop tôt, celui ci aura l'effet d'empêcher l'oxydation.
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Les solvants permettent de dissoudre les pâtes et facilitent ainsi le travail des couleurs.Il est préférable d’utiliser de l’essence lors de la phase de séchage plus rapide et pour respecter la loi du «gras sur maigre». Règle essentielle du « gras sur maigre ˶ il est important de démarrer sa peinture avec une part de diluant essence ou acrylique et d'ajouter de huile au fur et à mesure des épaisseurs
ESSENCE DE TEREBENTHINE«Le produit de base». Diluant indispensable. Très utile lors de la phase d’ébauche. Il est tout à fait
possible de réaliser un tableau entièrement avec de l’essence de Térébenthine. L’essence de Térébenthine pure gemme de pin des Landes est obtenue par distillation. Conserver à l’abri de l’air. Diluant traditionnel conseillé pour la peinture à l’huile. Mélangée aux couleurs, elle donne une pâte très agréable. Convient surtout pour l’ébauche et la conduite générale de l’œuvre. Dans le cas où l’on veut travailler longuement dans le frais, on lui substitue une essence moins volatile type essence d’aspic ou huile essentielle de pétrole.
ESSENCE DE PETROLE
Moins odorante que l’essence de Térébenthine. Essence minérale qui possède l’avantage sur les essences végétales de mieux se conserver au contact de l’air. Solvant moins « gras » que les essences végétales, s’évapore moins vite que l’essence de Térébenthine. Utilisée pour allonger les couleurs à l’huile ou certains vernis. Par son pouvoir de pénétration élevé, l’essence de pétrole traverse la peinture en profondeur. Un excès accentuera le rendu mat. S’utilise aussi pour le nettoyage des brosses enduites de couleurs fraîches, car elle ne dessèche pas et ne gomme pas comme l’essence de Térébenthine
HUILE essentielle DE PETROLE
Diluant plus gras que les précédents. Ce solvant permet de travailler la pâte dans le frais plus longtemps. L’huile essentielle de pétrole s’évapore moins vite que l’essence de pétrole. Onctueuse sous le pinceau, elle ne laisse aucune trace après évaporation. L’huile essentielle joue le rôle de « retardateur » et permet donc de travailler la pâte dans le frais plus longtemps .
Huile d'aspic de lavande
Elle est moins volatile que l’essence de Térébenthine et permet de travailler la pâte dans le frais plus longtemps. L’essence d’aspic provient de la distillation de la lavande mâle. Elle donne de l’onctuosité à la touche. Possède un pouvoir solvant plus élevé que la Térébenthine qui favorise une meilleure liaison entre les couches. Son coût plus élevé et son odeur marquée en limite l’utilisation. Trouve également uneapplication comme diluant dans les couleurs pour porcelaine.A utiliser avec précaution et modération !!!
ESSENCE SANS ODEUR
Ce diluant s’utilise comme l’essence de pétrole, mais est très apprécié des utilisateurs gênés par l’odeur de solvant. Nouvelle génération de solvant dérivé du pétrole pour la peinture à l’huile. Solvant qui s’évapore lentement et ne se détériore pas pendant sa conservation. Ne laisse pas de trace au séchage. Très peu odorant, il convient de ce fait parfaitement aux artistes qui présentent une sensibilité aux odeurs de solvants.
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Les huiles, d’origine végétale, jouent le rôle de liant qui agglomère et constitue l’armature de la touche. Plusieurs huiles sont utilisées pour la peinture à l’huile. Le choix sera fonction de plusieurs critères: consistance de la pâte souhaitée, texture, jaunissement à l’obscurité, incidence sur les tons, rapidité du temps de séchage, solidité mécanique du film . Bien souvent le peintre a sa recette et met en oeuvre une ou plusieurs huiles.
HUILE DE LIN
Permet de fluidifier la peinture tout en gardant son aspect initial. Huile purifiée naturellement ambrée , extraite naturellement de graines de lin. Plus siccative et plus résistante que la plupart des autres huiles. A tendance à jaunir avec le temps. S’utilise de préférence avec des tons foncés ou peu siccatifs. Présente une extrême transparence. Donne du corps à la pâte. Éviter les excès
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LEXIQUE
Alla prima
Mélange réalisé directement sur le tableau, dans le frais. La 1ère couleur est posée puis sans attendre, on appose une 2ème couleur qui par juxtaposition fera varier plus ou moins la nuance. Le mélange volontairement imparfait permet de faire vibrer la couleur. Technique très utilisée chez les
Impressionnistes.
Détrempe
Peinture à base de pigments auxquels on a ajouté du liant, type colle peau de poisson, afin de les diluer ou de les délayer et qui donne une peinture réversible , sensible à l’eau. Le terme détrempe peut aussi définir une altération de la couche inférieure lorsque le solvant de la 2ème couche vient
diluer la 1ère couche trop maigre.
Embus
zones mates dues à une absorption plus importante du liant par certains pigments foncés notamment (on sait par expérience que le noir d'ivoire mâtifie)
Glacis
Superposition de couches picturales transparentes mais éventuellement colorées, la transparence étant obtenue par une dilution plus ou moins importante de la pâte qui sera posée en plusieurs couches successives de plus en plus grasse pour respecter la loi gras sur maigre. Le glacis permet d'intensifier une couleur , de lui donner une profondeur et même de la modifier totalement. Il s’obtient en posant une couche translucide de peinture sur un fond sec déjà peint.
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FUSAIN
Le fusain est une branche de saule ou de fusain d'Europe (fusago) carbonisée en vase clos. Le bois le plus utilisé aujourd'hui est le saule car il permet une grande variété de diamètres, une homogénéité de tendreté et une bonne densité de noirs. D'autres arbres peuvent servir à leur fabrication : bouleau, épicéa (en Finlande), tilleul mais aussi noyer, figuier, prunier, myrte (en Grèce) ou romarin (en Italie).
Des imitations (chinoises notamment) de fusain proviennent d'arbres divers : les branches plus épaisses sont coupées dans leur longueur pour imiter la taille de fusains. On reconnait un fusain naturel à l'anneau entourant son rond central (marque de son âge : un an).
Si beaucoup d'artistes depuis la Renaissance ont utilisé le fusain (Léonard de Vinci, Verrocchio, Dürer, Pontormo), les post-impressionnistes en firent un usage plus approfondi, tels Degas, Redon et surtout Seurat. Ce dernier réalisa de nombreuses études préparatoires à ses œuvres pointillistes et le fusain permet de travailler la composition par plans de valeurs, recherchant les volumes sans avoir recours à la ligne et analysant les jeux d’ombres et de lumières au seul moyen des gris.
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